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LES TROUBLES DE L'ECRITURE CHEZ L'ENFANT,
  bien les identifier pour mieux les soigner

LA GRAPHOTHERAPIE EST A LA DYSGRAPHIE
CE QUE L'ORTHOPHONIE EST A LA DYSLEXIE

Bien écrire permet à l’individu de structurer sa pensée, de canaliser ses émotions, de les gérer, de les communiquer et d’acquérir une dimension affective et humaine qui lui sera indispensable pour bien vivre.
L’écriture est une projection dans l’espace, c’est le reflet de l’émotivité d’un individu, quelque chose de soi que l’on donne, que l’on expose au regard de l’autre. À travers sa difficulté d’écrire, l’enfant nous traduit sa difficulté à se projeter et à parler en son propre nom.

Quand faire appel à la graphothérapie

Vous avez remarqué certaines difficultés chez votre enfant :

  • Lenteur
• Trait sale
• Illisibilité
• Malformation des lettres
• Difficulté de concentration

Tous ces symptômes entraînent une anxiété chez l’enfant.
Cela le freine dans son développement scolaire et personnel.
Nous sommes souvent jugés sur notre écriture, nous devons écrire de plus en plus vite, or, les jeux électroniques, les ordinateurs, font perdre l’un des moyens d’expression les plus anciens, l’écriture.

L’écriture fait appel à l’intellect et à la sensibilité.
On peut déceler à travers l’écriture, des troubles d’hyperactivité, de précocité, de concentration, des séquelles d’accident, des difficultés d’organisation spatiale, de l'anxiété, de la nervosité, du stress, de la difficulté à maîtriser ses pulsions, un traumatisme d’ordre psychologique, un environnement socio affectif défavorable, un problème de communication.

En cas de troubles de l’écriture, la graphothérapie, issue de la graphologie, va permettre de rétablir, dans une relation de confiance, les fonctions graphomotrices perturbées et ainsi prévenir un éventuel échec scolaire lié aux difficultés d’écriture, elle va aussi redonner le plaisir d’écrire.

Dans quels cas peux- ton faire appel à un graphothérapeute ?

Si l’enfant se plaint de douleurs en écrivant, ou s’il écrit trop lentement par rapport aux exigences de sa classe, s’il n’a plus confiance en lui, s’il ne veut plus aller à l’école sans raison, si ses devoirs sont devenus illisibles au point que les professeurs ne veulent plus les lire, il est alors nécessaire de demander conseil à un graphothérapeute.

Après un bilan de graphothérapie, si vous décelez un problème, quel est le traitement ?

Une graphothérapie sera nécessaire. L’enfant sera pris en charge selon un rythme d’une séance de 30 à 45 mn par semaine. Certains jeunes reprennent confiance très vite, et leurs problèmes même légers peuvent êtres réglés en seulement quelques séances.

Avant (enfant garçon / 11,5 ans)
Après 10 séances (enfant garçon / 11,5 ans)
Avant graphothérapie
Après graphothérapie

LA GRAPHOTHÉRAPIE AU SERVICE DES ADULTES
ET DE CERTAINES PATHOLOGIES

L’écriture est une forme d’expression du langage qui implique une communication symbolique à l’aide de signes isolés.
L’écriture est faite pour être vue et lue.

Processus sensori-moteur dans la copie, imitation picturale des formes, il devient transposition symbolique lors de l’écriture spontanée ou dictée.
L’écriture est praxie et langage.
Elle n’est possible qu’à partir d’un certain niveau d’organisation de la motricité, d’une coordination fine des mouvements, d’une activité possible de ceux-ci dans, l’espace dans toutes les directions de l’espace.
C’est pour cette raison que la graphothérapie doit être mise au service des adultes atteints de maladies altérant le geste : Cette pratique permet de retourner l’aisance du geste graphique et surtout, de ne plus se sentir exclu de la société lorsque la personne en difficulté n’arrivent plus à rédiger un texte ou un chèque. Simple geste du quotidien.

L’écriture n’est pas seulement un mode indélébile de fixation de nos idées et de nos souvenirs, elle est, dans notre société, un mode d’échange, un moyen de transmission entre nous et autrui.

L’écriture entre dans le domaine de la thérapie, mais les psychologues et les physiologistes doivent s’intéresser à l’étude du mécanisme et au mode d'organisation de cette fonction expressive.
Les cliniciens doivent s’attacher à l’étude de ses difficultés.

Au même titre que l’orthophonie, la psychomotricité, l’ergothérapie, la kinésithérapie qui font leurs preuves dans le domaine médical sur des patients atteints de certains troubles affectant la motricité et le langage, la graphothérapie, plus usuellement utilisée chez les enfants, fait son entrée dans le domaine médical pour les patients souffrants de divers troubles.
Déjà en 1950, plusieurs neurologues, psychiatres, psychologues et graphologues se sont penchés sur les troubles de l’écriture, en mettant en avant l’importance du geste chez l’individu.

Il s’avère aujourd’hui que l’efficacité de cette thérapie n’est plus à prouver chez les enfants et qu’elle devient même indispensable sur les adultes souffrants.
Parkinson, Alzheimer, Attaque cérébrale, Sclérose en plaque, IMC, Tabagisme, Drogue, Alcool, Schizophrénie, Arthrose, Crampe de l’écrivain, Dépressif sous anxiolytique et /ou neuroleptique, enfin tout ce qui entrave le geste.
Ces troubles entraînent une exclusion sociale, car l’écriture reste la trace de notre passé, de notre histoire.

Une personne âgée ou un adulte qui ne contrôle plus son geste par le fait de tremblements se sent terriblement touché dans son être intérieur.

Il est donc temps aujourd’hui que la graphothérapie soit mise en place dans les centres de gériatrie, de cliniques psychiatriques, de services spécialisés pour que chaque patient puisse bénéficier de cette rééducation. Ceci afin qu'il retrouve une certaine autonomie, une aisance dans le geste, la possibilité d’effectuer les gestes du quotidien oubliés ou abîmés par la maladie, avec naturellement le soutien et la coopération des équipes médicales déjà mises en place.

Nous ne sommes pas sans connaître tous les travaux effectués par le Docteur Charcot, Freud, Jung qui à travers la graphologie, ont pu détecter et travailler sur les troubles et les psychoses de leurs patients.

Aujourd‘hui encore méconnue, la graphothérapie est plus qu’une thérapie, c’est une spécialisation qui demande des années d’études et d’expériences.
C’est un accompagnement, un dialogue, de l’écoute, le travail du geste avec l’épaule, le poignet, la main, les doigts dans l’espace et sur le papier.

Alors, associons-nous, en tant que professionnels, thérapeutes avec notre savoir pour travailler ensemble et rendre la vie meilleure aux patients souffrant de pathologies parfois lourdes.
Ne pas laisser s’endormir le plus beau des moyens d’expression qu’est l’écriture et la parole.
L’écriture est le reflet de notre âme, si cette partie est atrophiée ou tombe dans l’oubli de la mémoire des patients, en tant que graphothérapeute, cela n’est pas envisageable.

«  Vous savez, ce qui a été le plus terrible pour moi, c’est lorsque je me suis sentie incapable de remplir et de signer un chèque, cela m’a totalement désorientée et je me suis sentie terriblement honteuse…. » 
Personne de 67 ans, cancer de la moelle épinière.

Il existe entre notre cerveau et notre système musculaire, des relations fonctionnelles non seulement centrifuges mais aussi centripètes et les mouvements que nous exécutons, en écrivant, retentissent sur nos centres nerveux, modifiant le cours de nos sentiments et de nos pensées.

REEDUCATION ET LA GRAPHOTHERAPIE

Le programme de rééducation comprend trois temps:

Un temps initial de relâchement musculaire dont les objectifs sont :
- D'obtenir la détente des muscles de la région cervicale, de l'épaule, du coude, du poignet (articulation essentielle) et des doigts.
- De respirer sur un rythme calme et profond.
- De faire céder les contractures par des étirements des plans musculaires et fibreux.
- De diminuer ou de faire disparaître les points douloureux (les principaux se rencontrent au niveau de l'insertion des muscles, du rond pronateur et/ou de l'adducteur du pouce).
- De revalider les muscles qui corrigent la position pathologique prise au cours de l'acte d'écrire.

Le deuxième temps est la phase d'appropriation de l'outil.
Il s'agit de retrouver des mouvements libérés de la tension musculaire au niveau de l'extrémité distale du membre.
Avec un matériel varié (feuilles de papier de différentes tailles, chevalet, etc.) et des outils différents (baguettes chinoises, billes, crayons à facettes, brosses pour peindre, stylos à bille, feutres), le sujet apprend à contrôler la liberté des mouvements de son poignet, à exécuter des mouvements amples et coordonnés. La rééducation débute par des manipulations d'objets pour porter ensuite sur des exercices pictographiques de difficulté progressive.

La dernière phase est le temps de production écrite.
Le sujet est engagé dans des exercices d'écritures divers.
Il apprend à reconnaître les activités musculaires qui perturbent son écriture et à les contrôler pour les éliminer. Il surveille la qualité de son geste pendant la scription. Il s'agit de renforcer le temps de correction volontaire pour tenter d'influer sur les automatismes de l'écriture. Meige suggérait "d'écrire peu, lent, rond, gros et droit".

Les traitements sont constitués de 10 à 12 séances de rééducation au rythme d'une fois par semaine, avec un renouvellement éventuel de la prescription après une période d'interruption. Pendant la semaine qui précéde la séance suivante, le sujet réalise très régulièrement les exercices qui lui ont été enseignés et qui sont modifiés en fonction des changements cliniques.

Tracé tremblé
Nathalie Schwarz
Enseignante Graphothérapie et Interprétation du dessin de l’enfant
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