Longtemps entrevus comme un préalable
au licenciement, ou comme l'antichambre de l'out-placement,
les bilans de compétences connaissent aujourd'hui
un essor certain.
D'une part, l'entreprise a fait savoir qu'elle
voulait compter en son sein des personnels aussi
qualifiés sur le plan technique que pragmatiques
sur le plan relationnel.
D'autre part, nombreux sont ceux qui s'interrogent
sur leur avenir professionnel et leurs potentialités,
considérant ainsi leurs réelles
attentes.
De cette façon, ils prennent en compte
leur degré d'implication et souhaitent
trouver en eux les éléments d'une
entité afin d'éviter la vacuité
d'une existence dépourvue de sens.
Après un investissement durable vécu
sur le principe de l'appartenance, se pose de
plus en plus la question du surinvestissement.
Qu'en est-il donc de nous-mêmes et de notre
identité propre lorsque nous nous sommes
donnés corps et âme ?
Parce que notre représentation de l'entreprise
et de ses dirigeants est souvent faussée
par nos attentes et nos désirs, parce que
nos projets recouvrent trop souvent des rêves
et des illusions, des dissensions se font sentir.
A partir de cet instant, des prises de conscience
s'imposent et le distinguo entre ses compétences,
ses acquis et sa propre personnalité apparaît.
Par les résistances qui s'opèrent
en nous, il est fréquent de se maintenir
dans un état de lutte ou de répétition
peu satisfaisant et peu confortable, alors que
d'une autre façon, à part égale,
à intensité égale, s'exprime
en nous une volonté de changement.
Chaque vie est un déroulement psychique
que l'individu ne domine pas, ou seulement partiellement.
Pour autant, tout ce qui gît dans l'inconscient
cherche sa part d'expression dans le conscient.
Il en va de l'épanouissement de notre personnalité
dans sa totalité. Les circonstances extérieures,
les filières et les voies dans lesquelles
nous nous engageons peuvent nuire au développement
de notre propre intériorité.
Avancer à découvert, au plus près
de sa vie réelle, de ses richesses, de
ses échecs, et de sa vulnérabilité
n'est pas aisé.
Une telle démarche appelant un travail
plus analytique, a but thérapeutique, dépasse
le cadre strict du bilan mais, qui sait, le monde
des ressources humaines évolue et l'entreprise
d'aujourd'hui paraît de moins en moins disposée
à ignorer les problématiques individuelles.
Du côté des jeunes, il semblerait
qu'il y ait une attente sensible à ce niveau;
en matière d'écoute et de compréhension,
pour une première démarche vers
un bilan-étape - ne fut-ce que pour ne
pas courir le risque du choix par défaut
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